Voir les oeuvres de Mailys Seydoux

Née en 1967 à Saumur, Maïlys Seydoux-Dumas est diplômée de l'École nationale supérieure des arts décoratifs de Paris en 1992. Après une formation de gravure dans l'atelier de Jean Clerté, elle se consacre à la peinture avec notamment des séries explorant l'intime par le biais de portraits et d'autoportaits où reflets et miroirs prédominent.

Formation  
1986-1987 Atelier Met de Penninghen - E.S.A.G, 1ère année
1988-1992 Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Paris.
Diplômée de l'E.N.S.A.D, section Image imprimée en gravure.
1993 Assistante de Jean Clerté (atelier de gravure de l'E.N.S.A.D)
Expositions  
1990 S.A.G.A,Paris. Gravures, exposition E.N.S.A.D
Prix "Perrot". 1er prix de gravure
1991 Biennale des Ecoles Européennes, Barcelone.
Gravures, exposition de l'E.N.S.A.D.
1992

Musée des monuments Français, Paris.
Gravures, exposition de l'E.N.S.A.D.
Prix "Talens". 1er prix de peinture, 1er et 2ème prix de gravure.

1995 Exposition collective autour de l'oeuvre de Jean Clerté.
Musée de la monnaire, Paris.
1997 Exposition collective La Chapelle sur Dun / Galerie Koralewski, Paris.
Prix "Antoine Marin" 2ème prix, Arcueil.
"Préludes...préludes" Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
1998 Exposition personnelle, Galerie Koralewski, Paris.
Exposition collective La Chapelle sur Dun / Galerie Koralewski, Paris.
Exposition "Lauréats 1997" Antoine Marin.
Galerie municipale Julio Gonzales. Arcueil.
1999 "Préludes...préludes" Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
Exposition collective, galerie traversière, Bourgueil.
2000 Exposition personnelle, Maison Henri IV, Saint Valery en Caux.
"Préludes...préludes" Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
2002 Exposition personnelle, "Vues d'atelier" Paris.
"Falaises" Exposition collective, Maison Henri IV, Saint Valery en Caux.
2003 "Préludes...préludes" Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
"Les prix Marin" exposition collective, Musée de Karlskrona, Suède.
2004 "Vues d'atelier" Exposition personnelle, Paris.
2005 Exposition personnelle, Galerie Koralewski, Paris.
"St'art" Strasbourg, Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
2006 "Pour saluer Fabian Cerredo" Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
"Sur leurs traces" Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
2007 "St'art" Strasbourg, Exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
Accrochage collectif, Galerie Koralewski, Paris.
2008 Exposition personnelle, Galerie Koralewski, Paris.
2009 Corps et âme, accrochage collectif, Galerie Koralewski, Paris.
2010 L'art selon Elles, exposition collective, espace culturel de Pont-L'Évêque.
Portraits
, exposition personnelle, Galerie Koralewski, Paris.
2011 Voir...Revoir, exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
Corps et âme, exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
2012 Pour saluer l'avenir, exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
ST'ART, exposition collective, Strasbourg, Galerie Koralewski, Paris.
2013 Rencontre d'été, exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
"To be or not to be", exposition personnelle, Galerie Koralewski, Paris.
2014 Rencontre d'été, exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
Participation au Salon national des beaux-arts, SNBA, Paris.
2015 MAC Paris, Paris.
Des Miroirs et des fenêtres
, exposition personnelle,Varengeville-sur-Mer
Merveilles...merveilles, Galerie Koralewski, Paris.
2016 ÉCLATS, exposition personnelle, Galerie Lanzenberg, Bruxelles (Ixelles).
Rencontres d'été
, exposition collective, Galerie Koralewski, Paris.
2017

ART ÉLYSÉES, solo show, Galerie Koralewski, Paris.
Claire-voie, exposition personnelle, Galerie Koralewski, Paris.

 

TEXTES



 

Maïlys Seydoux a trouvé sa voie : explorer l'intimité et la singularité de son monde qui, par une identification sensible et naturelle, est aussi le nôtre. La solitude de l'être entraine la solitude de la création et la solitude de la création dirige la forme et la fonction qu'elle doit prendre.

Sa touche comme ses aplats sont une caresse d'une douceur infinie. Avant même d'entamer la figure, elle donne à sa toile la lumière et les vents propices qui vont diriger ce qui va bientôt apparaître pour l'animer. Après une longue confrontation avec la réalité doublée de ses chimères, l'artiste donne des contours aux choses. « La main est un œil » dit elle. Elle lui confie les choses fragiles et réelles faites de petits doutes. C'est ainsi qu'elle a envisagé ses portraits qui l'ont fait connaître. Tout comme son autoportrait où son moi disparait en proie à ses vertiges poétiques. Ses questionnements portent sur la perception du réel et ses outils envisageant la possibilité d'être peinture.
Les objets de son atelier, très peu d'ailleurs, d'humbles coquillages, des pierres ou la petite tortue en céramique jaune posés comme d'étranges trésors sur la table participent à sa création, et pas seulement en tant que modèles. À l'instar de ses pinceaux, ils agissent telles des lentilles étranges corroborant les formes et augmentant la possibilité du voir. Les rideaux lui enseignent les transparences et les fluides constituant ses fonds uniques. Les fleurs séchées la couleur de la nostalgie qui enveloppe son monde sortant timidement de l'obscurité et ses coquillages, le calice de ses obsessions. Parmi eux, le miroir joue depuis quelques années un rôle privilégié. Il lui sert de support pour renverser l'ordre de la réalité la faisant basculer dans un nouvel espace bouleversant les lois de la pesanteur.
Le miroir n'est pas le double de son moi, rien de narcissique ne vient perturber la recherche de l'image dans le réel qui se dérobe à ses yeux, un peu comme pour Giacometti la figure de son modèle japonais. Le miroir est sa machine à mieux voir, son œil perfectionné, le ciel infini.
Elle a brisé son miroir désormais. {...}

« Si en moi le regard était un œil, comme il est en toi, mon Dieu, alors je verrais toutes choses en moi. Car l'œil est réfléchissant et le miroir, aussi petit soit-il, peut recevoir en lui l'image d'une grande montagne et de tous les êtres qui se trouvent sur cette montagne. Et ainsi l'espèce de toutes choses est dans l'œil réfléchissant. Cependant, parce qu'il ne voit par le moyen de l'œil réfléchissant que l'objet particulier vers lequel il se tourne, parce que sa force ne peut être déterminée que par un objet particulier, notre regard ne voit donc pas tout ce que le miroir de l'œil peut capter. » Nicolas de Cues.

Ileana Cornea, octobre 2016

Maïlys Seydoux-Dumas peint des fragments d'autoportraits reflétés dans des miroirs, entiers ou brisés. Sujet unique du tableau, elle n'en occupe cependant pas le centre. Les images éclatées sont réparties sur la toile, laissant une large place à des fonds, somptueusement sensuels, où peuvent apparaître, comme dans un geste de pudeur, quelques accessoires secondaires destinés à détourner l'attention. L'artiste nous parle évidemment de présence, mais cette présence est fragile, immatérielle et distanciée, comme dans un rêve éveillé. Le temps semble suspendu, ambigu, comme dans certaines œuvres intimistes de Vuillard. On devine une sourde menace, l'imminence d'un drame inavouable, mais rien ne permet d'en déceler le moindre indice. On pense aussi à cette vacuité prégnante qui baigne les meilleures toiles de Hopper, revue à travers la touche sensuelle d'un Bonnard.

Louis Doucet - Mac Paris 2015

Maïlys Seydoux-Dumas, Toute de mains...

Chaque toile nous montre quatre mains, mais on est sur que d'autres-les siennes- sont là, au-dessus de celles que l'on voit.
La main droite a-t-elle pour reflet la main gauche ? Et que vaut son reflet dans ce jeu de double miroir ?
Il faut les peindre, mais de quelle main ? Des deux bien sûr.

La dextérité, c'est ce qui est appris, et pour Maïlys Seydoux-Dumas, il ne s'agit pas de faire image de ses mains mais de les présenter. Main droite, main gauche, faites par une main ou l'autre, et voilà que commence et se rythme la fugue vertigineuse de sa quête ontologique.

Les mains parlent-elles ? ou mieux que ça : elles tiennent tête. Rien plus que les mains, bien plus que le regard, disent symétriques et debout, l'être comme à son début. En tout temps, rien plus que les mains : dans l'imploration, la prière, la caresse ou le travail invitent le corps à tous les dépassements. Les mains sont la clef de tout. Rien plus qu'elle n'est preuve de l'être et promesse qu'il sera.

La main qui se peint donne par son geste et sa touche plus que tout ce que proposent ses innombrables apparences. Les mains de Maïlys Seydoux-Dumas ne sont pas faites de doigts mais d'élancées de couleur que dirige une danse courte, fluide et concise. Instantanée, c'est le projet de toute son œuvre, se donner visage par la peinture.

Alin Avila - Area Revue 2015

Maïlys Seydoux-Dumas

En entrant dans la galerie Koralewski où sont exposées les oeuvres de Mailys Seydoux-Dumas, c'est l'artiste qui vous accueille. Elle figure en effet sur tous les tableaux. Mailys Seydoux a pris le parti de se représenter sur toutes ses toiles. On découvre cette jeune femme formée à l'École des arts décoratifs, armée de ses pinceaux et flottant sur un tapis volant ou de dos à sa fenêtre, ou encore seulement ses mains dans le reflet d'un miroir.
Tout laisse à penser qu'elle se concentre sur elle puisqu'elle est son propre sujet. Il n'en est rien. C'est avec humour et dérision qu'elle peint son reflet dans un miroir rond, tour à tour étonnée, interrogative, pensive. Ces autoportraits inversés nous emmènent dans son monde, elle semble nous indiquer une direction à suivre. Elle se livre aux regards des autres mais «elle s'éloigne de la réalité pour naviguer vers ses rêves », explique le galeriste Tadeusz Koralewski.
Mailys Seydoux-Dumas est un sujet du tableau, mais pas le centre du tableau. Ainsi, lorsqu'elle se représente de dos en pied, regardant dehors, les épaules lourdes, entourée de fenêtres aveugles, on ne voit pas tout de suite l'environnement figé, sans aucune
présence. Il faut s'inviter dans sa toile. Elle utilise une gamme de gris ou de beiges, piqués de touches lumineuses de vert ou de jaune qui colorent une certaine mélancolie. Elle se décline en entier ou par fragments dans les petits et grands formats de toiles solitaires, de diptyques et de triptyques.
Une peinture de Mailys Seydoux-Dumas représente un véritable rendez-vous avec l'artiste.

Myriam Simon - Le Revenu novembre 2013

Maïlys Seydoux-Dumas To be or not to be...

Depuis sa précédente exposition, Mailys Seydoux-Dumas a mûri son art, développant un arcane imaginaire qui l'a libéré de la soumission au sujet. Faisant suite à une série de portraits et d'autoportraits, elle a entrepris une suite de scènes narratives dans lesquelles elle s'autoreprésente. Une dérive, un rêve éveillé comme le suggère L’Echappée. L'artiste nous livre ses songes, ses questionnements : «To be or not to be ... », ainsi titre-t-elle son exposition.Vertige, basculement des certitudes, la voilà au bord d'une baie vitrée, en haut d'un immeuble, prête à plonger. Temps suspendu, raison en retrait, appréhension du vide comme une métaphore de l'abandon de soi. Qu'y a-t-il derrière ou devant ? La peinture contient les réponses. Elle peint avec une assurance que lui donnent ses acquis de composition. Davantage coloriste, sensible aux matières, elle orchestre ses peintures avec générosité. La présence du miroir ne renvoie pas l’image attendue, mals décuple le songe en une suite d'images drôles, tendres pour une mise en abyme d'elle-même et de la peinture. Une série de petits formats représente des façades d'immeubles vues de l'atelier. Des pochades achevées et raffinées.

Lydia Harambourg - Gazette de l'Hôtel Drouot octobre 2013

Maïlys Seydoux-Dumas L’épreuve spéculaire ou l’autoportrait

Maïlys Seydoux-Dumas peint des portraits : le portrait de son mari peintre, de ses enfants, de sa mère ,de ses amis, de son marchand. Elle dresse toute une galerie de figures; ses intimes, ses modèles avec tout ce que cela implique de personnel, d’ambigu, de clair, de tendre, de trouble.
Elle observe et dévoile les visages, leurs volumes, leurs touchantes asymétries, leur carnation, leur environnement, l’être au repos qui attend, qui pose.
Le modèle essaye de bien se tenir, il croit qu’il tient à son visage, à son habillement, à l’attitude, à la coiffure, au livre ou à l’objet qui l’accompagne et qui le rassure.
Il s’imagine que le peintre voit ce qu’il ne sait pas. Qu’est-ce-que « le tissu de l’âme » se demande le philosophe Gilles Deleuze ?
« Mes enfants, je vous préviens que ce n’est pas moi. J’avais en une journée cent physionomies diverses selon la chose dont j’étais affecté. J’étais serein, triste, rêveur, tendre, violent passionné, enthousiaste, mais je ne suis jamais tel que vous me voyez. » Se défend Diderot, le philosophe et le critique d’art pris en étau pour l’éternité par Van Loo. En commentant son portrait, il ne se laisse pas faire, il réalise son autoportrait littéraire.
Maïlys écrit :
« L’autoportrait c’est la suite de mon travail sur le portrait et de mes autoportraits à l’envers. Je me représente pour raconter des choses intimes mais qui nous concernent tous. » 

De dos, sur le toit d’un immeuble parisien, de trop longs pinceaux à la main portant des traces de couleurs, elle se représente elle-même.
Quelque part sur un sombre océan, elle se laisse emporter par une nacelle légère, un tapis volant à franges, disparaissant presque dans un miroir sorcière, représentant ses mains qui arrangent un bouquet de fleurs et peint ses petits escarpins noirs à talon derrière un guéridon. « Vous ne pouvez pas répondre présent comme tout le monde ?” Nous pourrions le lui demander, comme le professeur demande à l’élève Hamlet dans le poème Accent grave auquel Maïlys s’identifie en assimilant ce poème à l’aventure de la peintre face à elle- même. Elle l’élève, à l’école de la Peinture : Où suis-je ?

Quelque part entre Hopper et Bonnard dirait le critique.
L’artiste semble répondre qu’elle le remercie beaucoup pour cette comparaison flatteuse mais pour sa part, les coïncidences que le critique débusque en rapprochant leur peinture de la sienne lui échappent, comme elle s’échappe à elle-même, comme l’élève Hamlet, qu’elle aime beaucoup, échappe à la question du professeur et comme Diderot cherche à échapper à Van Loo.

Maïlys Seydoux-Dumas, la peintre des portraits en se portraiturant elle-même fusionne avec sa rêverie en déjouant le miroir.
Jouissant de la lumière douce et tamisée de son atelier, son jeu de cache-cache avec elle-même n’a rien d’innocent. Elle se sert des genres picturaux : de la nature morte comme garde-fou et du miroir comme sa mise en abîme.
Elle construit un récit tout en restant fidèle aux lois de la peinture, à l’ubiquité de l’œil, à la liberté de la poésie suggérant la réalité audacieusement, par énigmes. Sa prestidigitation sur l’artiste et son effigie rappelle les aventures de l’artiste face au miroir depuis les époux Arnolfini par van Eyck, en passant par le radeau de la Méduse de Géricault qui n’a rien à voir avec l’ autoportrait.
Jonchée sur les toits d’un immeuble parisien, elle regarde en bas, le précipice...
Il n’y a pas de peinture à propos de rien...

Ileana Cornea - Saint Hyppolite du Fort août 2013

Le temps en suspens...

Maïlys Seydoux peint des autoportraits, portraits d’amis, des gens de sa famille...la vie privée. Sa peinture est intimiste comme chez Vuillard mais plus intériorisée, plus économe que celle de l’artiste nabis. Elle reste imperméable aux influences extérieures. Quasi-janséniste, elle aime les possibles non pas les défis.

Le portrait et l'autoportrait en tant que genres spécifiques elle les réinvente à sa manière. La raison d'être de ses toiles va au delà des attributs de la personne représentée et de la question de la ressemblance. L'artiste peint leur part de silence. Elle montre ce que d'eux-mêmes ils ignorent.

A travers leurs attitudes confidentielles, ils dévoilent leur identité par un geste, par un mouvement anodin : Une femme légèrement penchée semble chercher quelque chose dans un miroir invisible. Une autre femme tricote. Son visage sombre et la couleur rouge de son pull-over lui donne l’allure d’une sculpture en bois précieux peinte par Gauguin.

Un symbolisme latent construit subrepticement l’attitude, la figure, la composition plastique de chacun d’entre eux. Ils paraissent vivre sur la taille grace à un concours de circonstance réunissant leur être physique à leur être éthique. Leur regard reste dans l’ombre, comme leurs états d’âme. Assis, debout ou couchés sous des draps, ils ressemblent à des fragments de temps en suspens.

Son idée de la peinture.

Sur un fond blanc gris, vêtu ou vêtue d’un kimono le peintre ou la peintre, on ne sait pas très bien...Cette indétermination augmente l’ambiguïté de ce tableau manifeste. Sa bouche fait la moue. Elle ou lui tient dans sa main droite un pinceau comme si elle ou lui tenait un pendule pour chercher de l’eau. Ou bien un trésor; ou bien les lois de la pesanteur; la question de la peinture.

Chez Mailys Seydoux-Dumas l’abord du motif l’approche d’un peintre du silence comme Giorgio Morandi que d’un portraitiste comme Van Dongen. Chez Elle, tout est construit en vue de la mesure, de l’harmonie et de la tonalité des couleurs assemblées. Elle marche à contre courant de la peinture actuelle avec détermination et conscience. Une dignité à part participe à l’intégrité de ses gestes. Sa touche est unique et même si parfoir elle semble intimidée par quelque chose qui la provoque.

Elle peint des livres et des bouquets comme si elle peignait des êtres humains. Inversement ses personnages sont brossés avec peu de matières et beaucoup d’aménité comme si elle reproduisait sur ses toiles les pétales d’une rose.

Cette égalité entre les êtres et les choses en peinture nous ramène à la question de la beauté.
Mais qu’est-ce que la beauté au juste ?
C’est la justesse, répond l’artiste.

Ileana Cornea - Paris, novembre 2010.


Pudeur
Des livres ouverts posés sur une table ou bien en piles, un atelier discrètement révélé dans la lumière vaporeuse d'une journée comme un autre, les sujets de Mailys Seydoux ne racontent rien : ils sont l'écho de pulsations intimes. Son pinceau effleure les choses qu'il ose à peine nommer. Ce que Mailys Seydoux peint, c'est l'espace qui circule entre les formes, leur tactilité, leur silence. La touche est fervente comme une prière murmurée. Tout dans cette peinture suggère l'incertitude de l'être et de ce qui l'entoure. Comment dire, lorsque tout semble sortir d'un rêve pour y retourner ? Seule la lumière dessine le pourtour des objets absorbés par le plan du tableau qui en renvoie la périssable apparence. La peinture est ici du côté de la confidence. Petite musique de chambre pour un temps qui n'est pas encore perdu.

Lydia Harambourg, dans la gazette de l'hôtel Drouot, n°43, 9 décembre 2005.

 

Maïlys Seydoux interroge les reflets. Plaque de cuivre incisée, destinée à l’impression ou modèle pour une peinture, observé à travers un miroir, toujours, les formes représentées sont simples mais les compositions décalent la réalité, en révèlent les failles. Peintre de natures mortes, l’artiste (formée à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs) réinvente ainsi ses sujets; des livres qu’elle aime, des objets qui l’entourent, des fleurs séchées, récemment. Depuis toujours, elle retravaille régulièrement une série d’autoportraits. “Un thème dans lequel je ne plonge pas complètement, mais qui m’accompagne”, dit-elle, en dévoilant ces figures d’elle-même, qu’elle range sitôt peintes; en petit, sur des formats modestes, que son buste habite complètement, ou sur de plus grandes toiles. Son reflet figure alors dans un miroir, planté au milieu des pots de couleurs, des bouquets de pinceaux. “Ce sont des repères, un fil à ne pas couper, des choses qui ne sortent pas de l’atelier”. Evidence cependant : comme les autres thèmes abordés, ce visage et ce corps habitent intimement le paysage quotidien. “Ils sont sous ma main”. Et se pendre soi-même, “c’est moins impressionnant que de faire le portrait de l’Autre. Inutile de prendre soin. Avec soi-même on ne cherche pas la ressemblance. On peut la trouver, à certains moments. Il faut dilater ses propres traits jusqu’à se retrouver”.

Travail de peinture, fondamentalement : la touche trouble la surface, les tons ouatent l’ambiance, les compositions évoquent des rébus. Travail d’introspection aussi : se peindre permet d’éprouver “la peur de son visage et des autres visages auquel il fait penser”. C’est également “un manière de me demande qui je suis. Ce que je fais, seule, dans ce grand atelier”. Maïlys Seydoux s’interroge comme elle questionne le monde.


Françoise Monnin, dans AZART, hors-série n°11, Portraits et autoportraits d'aujourd'hui, mars 2008.

 

Galerie Koralewski, 92, rue Quincampoix 75003 Paris tel : +33 (0)1 42774893   
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