Jon Helip

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Jon Helip
né en 1970 à Pau


Il vit aujourd’hui entre Paris et Saint Jean de Luz. Jon Helip travaille à partir de Bois d’Océan qu’il ramasse le long des plages du Pays Basque . Armé de peu d’outils, depuis quelques années, il déploie une statuaire tout empreinte de poésie et de grâce.

Jon Helip portrait
Textes  

Juché sur l’Artha, il regarde au loin les pôles, c’est Jon Hélip. Il voit les amulettes Inuit. Il balaie les côtes du New-Brunswick, la mangrove de Guyane avec ses lianes en forme de Christ nouées, les plages perdues au-dessus de Bahia où les gosses font de petits paquebots en bois, les corniches de la Terre de feu où s’entassent les snarcks, le corridor du Horn , bref trop loin.


Alors il descend et arpente la plage de Saint Jean jusqu’au delà de Seignosse, jusqu’au monde étincelant du ressac : le monde blanc. Tout le jour Jon arpente l’estran des Landes, dur comme du béton. Il y récolte des bois perdus, les débris des océans : des morceaux de caisses de pin, des bouts de clôture de châtaignier, des restes d’épaves de chêne roulés là par les flots. Il y a aussi des bois sauvages tombés des forêts dans les fleuves, et projetés là-bas au Large, loin des étuves et qui reviennent , penauds, minuscules, réduits à une écaille de pin maritime et qui restent là entre deux couteaux et une méduse énorme comme une ville de science fiction, immobile, étrange, jalouse, d’une vie violette encore intacte au coeur de sa gelée. Il y a aussi des badines fourchues que rien n’a réussi à découpler, que nulle vague de Parlamentia n’a réussi à détordre. Elles sont là, offertes, les pattes en V dans la décrue glacée des flots, Jon ramène tout cela à ses pieds.


Dès que les bois touchent le sol de sa maison, il sort sa vieille râpe (Il n’a presque pas d’outils) et jusqu’au petit matin, il donne forme à un bois fatigué mais qui résiste encore. Plus le bois est dur, plus Jon s’entête. Même si il n’a jamais eu qu’un vieil OPINEL, un tournevis, et une méchante lime, il s’entête… Parfois, dans sa ténacité, il passe au travers. Alors vient l’aube, Jon s’arrête et s’endort brutalement. C’est alors que la petite sculpture se redresse fièrement. Elle va prendre d’elle-même sa place au milieu des autres, dans la cohorte salée.

Nicolas Alquin
Paris, le 7 janvier 2014

 

 

 

 

 
 

 

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