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Roger DECAUX
Né à Dombasle-sur-meurthe le 29 novembre 1919
Il est décédé à Nancy le 19 novembre 1995.

De 1945 à 1951, il fréquenta Gino Severini, son voisin à Meudon ainsi que Jan Brusselmans avec lequel il passe une année entière. Ce fut pour lui des rencontres importantes. Outre sa formation en histoire de l'art, il eut également une formation philosophique. Il fut l'élève de Philippe Steintmetz et de José Becmeur.
Il fut d'abord professeur à l'École des Métiers d'Art de Paris puis directeur de la section Culture et Sociologie du Bureau d'Études de Sociologie, rue Jean-Jacques Rousseau à Paris. Il fut membre fondateur du groupe Contraste avec J.M. Héraud. Il fut ensuite responsable de l'Atelier de Peinture du Minotaure à Lyon. Il fut sélectionné pour le Prix Marzotto en 1958. Il obtint le Prix Galilée et le Prix de l'Académie Stanislas à Nancy. Puis il reçut le Prix Trio du Ministère de la culture belge.
Il eut de nombreuses activités culturelles et écrivit des articles dans le domaine de l'art et de la philosophie. Il fut critique d'art à Radio-Lorraine, collaborateur du T.E.C. à Paris. Il participa à la création du Théâtre Universitaire de Nancy. La décision du lancement de ce projet fut prise dans la maison de Roger Decaux, rue Isabey à Nancy, et comme Jack Lang ne pouvait offrir un prix à la troupe qui obtint le premier prix, ce fut un tableau de Roger Decaux qui fut proposé. Ce tableau se trouve aujourd'hui au musée d'Anvers. Ces dernières années, il donna un cours à la Faculté des Lettres de Nancy.

Il réalisa avec Gino Severini une fresque à la Faculté des Lettres de Mexico ainsi qu'une fresque pour l'église de Neuchâtel en Suisse. Il fut l'auteur de nombreuses fresques, mosaïques et vitraux pour des architectes et des particuliers. Il réalisa en particulier des vitraux en Touraine avec l'atelier Fresil.

On trouve ses œuvres aux musées de Nancy, Amsterdam, au musée Allende de Berlin, au musée d'Indiana aux Etats-Unis, au musée de Saint-Dié où une salle lui est consacrée. Les F.R.A.C. de Lorraine et de Normandie ont acheté certaines de ses œuvres.

 

 

textes

Le thème de l'I.V.G . ouvre à Roger Decaux une voie qui le rapproche d'anciens thèmes à haute densité émotionnelle : Otages - Tués par balle - Femme au pain (sur la faim dans le monde) et bien d'autres. L'ensemble des oeuvres sur papier de la série I.V.G. est un choc. Au lieu de nous parler d'une interruption volontaire de grossesse médicalement surveillée, nette, cliniquement parfaite, l'artiste aligne des figures de détresse. J'ai revu au fil des silhouettes déchirées, saignantes, douloureuses, les traces, les cicatrices et les affres des avortements clandestins de mon enfance, au temps où dans chaque village il y avait une faiseuse d'anges et beaucoup de jeunes femmes au cimetière. Plus les modèles de Decaux sont jeunes, plus leur détresse est grande. Ces volées de la dernière invasion, ces victimes des maniaques du métro traversent un état de panique indescriptible.

Et pour faire entendre ce cri, de quoi a-t-on besoin ? "

Anita Nardon
Critique d'Art, Bruxelles

"Decaux peint des fantômes d'être. Il peint des filaments, des nerfs, des ligatures, des fragments, des esquilles, il peint des formes squelettiques déchirées de nuit, troueuses de vide, aux yeux d'ombre chaotique par où passent des lignes de force quasi telluriques. Et tout est ébranlé.
Chaque être - homme ou oiseau - est à la fois totalité et fragment, et dans chaque fragment, une quantité de possibles. Pur scandale d'être. Innombrables sont nos doubles, indéfinis, fugaces, bouleversants."

Christian Noorbergen

 

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